On est partis à la rencontre de Chloé, créatrice d’Arbo, marque émergente parisienne qui souhaite donner un nouveau souffle à la garde-robe masculine ! Chaleureuse, intimiste, drôle, c’est ce qu’on retient de cette rencontre dans ce petit écrin créatif situé en plein coeur de Paris ! 

Parles-nous un peu de ton parcours, pourquoi la mode ?  

J’ai fait mes études à l’Ecole Duperré, c’est la seule école publique qui propose un cursus mode. J’ai d’abord commencé par y faire du graphisme ! J’ai tenté 3 fois le concours mode et je l’ai raté à chaque fois (rires). Comme j’ai toujours su que je voulais faire des vêtements, j’ai tout de suite lancé Arbo en sortant de mes études. Je ne voulais pas me relancer dans un cursus de 3 ou 4 ans en école privée pour devenir modéliste. 

Pourquoi avoir créé une marque spécialement pour les hommes ?

À la base ce n’est pas du tout ce que j’avais en tête ! Je voulais faire de la femme. Ce qui m’intéresse dans le vêtement, c’est l’aspect social, c’est l’histoire qui s’en dégage. Les femmes ont la possibilité de porter une multitude de vêtements différents, des robes, des jupes, des hauts à paillettes, des talons…C’est ça qui m’intéresse, cette possibilité de switcher très facilement et d’avoir des looks complètement différents. C’est pendant l’été précédent la création d’Arbo que j’ai réalisé que ce n’était pas le cas pour les hommes. Finalement, ils ont très peu de possibilités, ils sont toujours en jean, t-shirt, chemise... Pourquoi laisserait-on plus de choix aux femmes ? Est-ce parce qu’elles sont considérées comme des objets de désir qu’on regarde plus que les hommes ? C’est très dépassé comme raisonnement.  

Avec Arbo, je veux mettre en valeur chaque partie du corps de l’homme, les épaules, les bras, le torse, les fesses… Tout ce qui est désirable et propre au corps masculin. Le tout sans proposer des vêtements qui les “travestissent”.

J’aimerais vraiment faire évoluer les mentalités, au même titre que les mentalités ont changé lorsque les femmes se sont émancipées et ont commencé à mettre des pantalons. 

Comment t’es venue l’idée de créer des robes pour homme ?

Le déclic s’est fait lors d’un été à la plage avec mon copain. Je portais une robe très légère, agréable et pratique pour ces conditions. Mon copain lui n’aime pas les shorts, il portait un paréo et il galérait franchement à remettre son pantalon en sortant de l’eau. Et là, j’ai réalisé que c’est parce qu’il n’a pas d’autre option...Et pourquoi pas la robe pour homme ? Dans beaucoup de pays, les hommes portent des robes, la djellaba par exemple. En Inde, les hommes sont en jupe, en Birmanie aussi… C’est vraiment une question culturelle. 

Robe pour homme par Arbo
Quels sont les designers de mode qui t’inspirent ?

J’ai grandi dans un environnement très Christian Lacroix entre la haute-couture, les paillettes… Je tiens cette inspiration de ma mère qui crée des bijoux d’où le fait de mettre des boutons Swaroski sur mes pièces. J’aime aussi beaucoup Dries Van Noten car il est libre, il décide des présentations de ses collections. Aujourd’hui, je suis une fan incontestée de Jacquemus, car lui aussi est libre et ne rentre dans aucune case. J’aime aussi le travail de Koché, elle propose des vêtements couture à des prix plus accessibles, aussi le fait de défiler dans la rue…. 

Sur ta page Insta, on a vu que tu postais des photos de Gainsbourg, Marvin Gay, Al Pacino…Qu’est-ce qui t’inspire chez eux ?

C’est vraiment une histoire de dégaine, ils ont une attitude bien à eux. Je suis moins inspirée par des personnalités contemporaines. Je trouve que dans les années 70, 80, il y avait une forme de liberté qu’on n’a plus aujourd’hui. Dans les 70s, il y avait cette magnifique émission, Soul Train, où on voyait des hommes et des femmes qui faisaient des battles de danse, ils étaient tous super bien habillés, les mecs avaient des bottes à talons, on sentait vraiment une liberté, une insouciance et une énergie qu’on a du mal à retrouver aujourd’hui.  

Comment définirais-tu l’homme Arbo ?

C’est avant tout une homme libre, qui sort des conventions, des règles, qui n’a pas peur de ce que les autres vont penser. 

Peux-tu nous parler de ton processus de création et de production ?

D’abord, je dessine toutes les pièces pour cristalliser mon idée. Puis viennent s’ajouter des détails au fur et à mesure de mes inspirations, ça peut-être un passant sur un pantalon ou un détail à l’intérieur d’une veste, je cherche toujours à me différencier sans non plus être trop farfelu pour ne pas donner un côté déguisé. Pour mes tissus, la majorité est issu de chutes de grandes maisons que je récupère auprès de mes fournisseurs. Enfin, je présente la ligne de vêtements et je produis en fonction de la demande, je n’ai pas de stock.

Comment fais-tu connaître Arbo pour l’instant ? 

Beaucoup de bouche-à-oreille et aussi par le biais de clips musicaux. Le premier, c’était pour la chanson La Rua Madureira par Bon Entendeur, j’avais contacté la réalisatrice Alice Kong parce qu’elle cherchait des vêtements. Après il y a eu le clip de la chanson Chewing-Gum par Vendredi Sur Mer, grâce à Agathe Auriffeille, la même styliste avec qui j’avais collaboré pour le clip de Bon Entendeur. Pour l’actu la plus récente, Arbo va aussi apparaître dans un clip de Gussstave, un artiste français émergent,  c'est sorti vendredi dernier ! Ça me plaît beaucoup d’évoluer dans ce milieu car la majorité de mes inspirations viennent de la musique. 

Quelles sont les prochaines étapes pour Arbo ? 

Pour ce qui est du développement commercial, on cherche à se faire distribuer dans de belles boutiques parisiennes un peu pointues et je vais lancer mon e-shop prévu pour mi-juillet ! 

Sinon quand la période le permettra, j’aimerais faire plus de petits évènements, notamment pour présenter la collection à venir, être au contact des gens pour leur expliquer la démarche d’Arbo.

Oser, être libre, sortir des conventions, telles sont les devises d’Arbo. Alors messieurs, lâchez-vous un peu ! Découvrez Arbo sur arboparis.com et suivez leur actualité sur Instagram. 

Vous pouvez aussi lire notre premier article sur Arbo !