Nous avons rencontré Léandre et Sean, les fondateurs de Maison Eros, dans leur atelier. Un univers artistique et atypique qui nous a tout de suite permis de rentrer dans l’univers de la marque…

Body Painting par Léandre, Maison Eros
Pourquoi avez-vous créé une marque de mode et pourquoi ensemble ?

Léandre : Le projet est né pendant mes études en Angleterre, je faisais de la finance mais ce n’était pas du tout ce que j’avais envie de faire, j’ai vraiment voulu me créer un échappatoire, pour m’évader de ce monde que je ne trouvais pas hyper fun. Les vêtements étaient un moyen pour que le gens puissent porter mon travail et le partager, c’est très gratifiant.

Je me suis mis à fond dans la création, la mode, l’art, c’est vraiment ce qui me plaît. L’Angleterre fait partie de mes plus belles années mais je préfère Paris, c’est plus culturel, on y fait plus de rencontres et les opportunités sont meilleures ici.

Pourquoi ce nom ?

Léandre : Maison Éros, à la base, c’est quelque chose de convivial. On voulait vraiment réunir les gens autour de notre projet, pourvoir partager notre esthétique. Je voulais créer de la convivialité, comme à la « Maison ». Et « Éros » : j’ai toujours été attiré par la représentation des corps dans l’art, il a tellement de façons différentes de le figurer, de le suggérer, c’est très intéressant. Éros est aussi une référence au Dieu de la mythologie, qui est a la fois homme et femme.

Quand vous êtes-vous lancés dans cette belle aventure ?

Sean : On travaille ensemble depuis 1 an, on a suivi tous les débuts ensemble. C’était top parce qu’on est demi-frères. « Chacun dans sa spécialité Léandre créer, c’est l’artiste, pour ma part c’est plutôt business ». C’est réellement devenu un projet commun il y a un an.

La marque existe depuis une année mais il y a toujours eu des prémices, des essais, des vêtements, des t-shirts…

Quels sont les traits de caractère d’une personne qui porte du Maison Eros ?

Sean : C’est très vaste, mais on s’est rendu compte que tout l’univers, Artistique et Érotique, que ce soit dans la mode, l’art ou la musique … plaisait à une tranche d’âge très large, allant de 15 ans à plus de 75 ans !

Nous avons des gens d’horizons très différents qui portent nos vêtements, écoutent notre musique, on a un spectre illimité de gens qui peuvent apprécier.

Avez-vous eu des retours chocs ?

Sean et Léandre : Bien sûr, il y a une histoire qui est très drôle, un couple d’amis est parti à Marrakech, pour l’anniversaire d’un de nos meilleurs potes, et l’une de nos amies avait le t-shirt « Madones » avec les deux nonnes qui s’embrassent. À l’aéroport, elle s’est faite arrêter par la police pour lui poser pleins de questions … « est ce que vous êtes lesbienne ?, pourquoi vous venez dans notre pays ?», elle a passé 20 minutes en interrogatoire à cause de notre t-shirt, à expliquer pourquoi elle le portait !

S’habiller, se vêtir, et avoir ce qu’on veut sur soi, avec n’importe quel motif, c’est le principe même, une femme ou un homme qui se fait arrêter pour un t-shirt à la frontière ou dans la rue c’est scandaleux.

Ce qu’on recherche c’est la provocation subtile et élégante, participant à faire évoluer l’esprit des gens.

Comment doit se sentir une personne qui porte du Maison Eros ?

Léandre : Libre, on ne veut pas imposer à des personnes de se comporter d’une certaine façon par prétexte qu’ils portent nos vêtements. Nous souhaitons que nos vêtements, notre musique et notre art viennent sublimer la personnalité des gens, les aident à s’épanouir, à mettre en avant leur propre personnalité. Nous vivons dans une société aseptisée, nous sommes pour le retour des fortes personnalités.

Quelle est la première pièce que vous avez créée ?

La première pièce, c’est le buste en T-shirt. C’est le dessin qui représente le plus notre marque, il est à la fois puissant et mystérieux. C’est le logo iconique, le premier, c’est là que tout a commencé, celui qui a le plus favorisé la diffusion de la marque, de l’esprit qu’on cherche à partager.

Une source d’inspiration ?

Léandre : Je suis très influencé par les artistes qui ne venaient de rien et qui ont un peu cette révolte en eux, contre les grandes institutions. C’est un peu cette force de vraiment vouloir imposer son propre style, ses idées et se dire « ok j’ai un travail qui vaut le coup d’être vu ». Je suis très inspiré par l’art primitif, c’est brut, beau et tellement efficace. J’admire énormément les artistes pop art, ça se retrouve beaucoup dans mon travail.

Léandre - Créateur de Maison Éros
Comment se passe la diffusion, comment vous êtes-vous fait connaitre ?

Sean : D’abord par nos amis, nos contacts, le net-working. Puis ensuite grâce à nos événements. Nous en faisons deux par ans. On devait en faire un en octobre mais il est malheureusement reporté. Le dernier était le 18 juillet, dans une galerie de Saint Germain des Près. Nos événements ont pour but de rassembler tout l’univers de la marque, Mode, Art et Musique. Nos tableaux, nos vêtements, notre musique, tout ça sublimé par un érotisme élégant et subtile. Nous intégrons même les dernières technologies, comme lors de notre événement au FluctuArt où nos logos étaient projetés en hologramme.

Maison Éros a-t-elle une dimension écologique ?

Léandre : Bien sûr, on commence d’ailleurs à faire une gamme re-work, on retravaille des vêtements de fripe, on peint dessus… et c’est hyper important de recycler, ce qui fait des pièces uniques, comme cette première esquisse [qui vous sera bientôt dévoilée]. Voilà,… c’est comment sublimer un vêtement et lui donner un nouveau souffle. La peinture permet de donner une nouvelle modernité et surtout de porter véritablement une oeuvre d’art. Pour l’instant, ce sont des pièces uniques, qui peuvent être déclinées en série, c’est vraiment selon l’inspiration et les pièces qu’on chine.

Quels sont vos fonctionnements pour créer ?

Notre manière de faire c’est de tout tirer de nos discussions, de nos feelings avec les personnes qu’on rencontre .

Par exemple, le maroquinier du sac Klein, c’est la même chose, de la discussion. On s’est assis ici [canapés de l’atelier] puis on a créé ensemble cette œuvre, nous le design, lui la technique.

On rencontre les gens… La première condition pour créer quelque chose avec quelqu’un, c’est la discussion, c’est un flux basé sur l’entente, donc si on ne s’entend pas bien avec les personnes avec qui on travaille, ça ne marchera pas.

C’est juste que toutes nos valeurs doivent être en adéquation.

Le sac c’est un produit sublime car c’est un croisement entre nos valeurs et les mains d’or du maroquinier, ce qui fait qu’on a réussi, tous ensemble, à penser un produit d’aussi bonne qualité et aussi beau. On s’est réellement amusés dans toute la confection, le développement c‘est comme si on travaillait avec un pote. Un an de recherche et de développement pour arriver au produit parfait.

Le sac KLEIN c’est le produit dont vous êtes le plus fiers ?

Léandre : Oui, c’est notre plus grand achèvement, il y a une trentaine d’artisans qui travaillent dessus, il y avait énormément de problèmes techniques à régler pour que ce sac soit parfaitement fonctionnel. C’est un produit qui est très abouti, on n’aurait pas pu faire mieux, rien que dans les matériaux. De la boîte qui a le même grain que le sac, jusqu’au certificat d’authenticité (il n’y en a que 40, numérotés à la main)  c’est parfaitement en adéquation. Tout est fait en France. On a cherché les meilleurs artisans dans chaque domaine, et on rencontre vraiment des gens hors du commun, c’est une très belle expérience.

Sac KLEIN, Maison Eros
Pourquoi le sac s’appelle Klein ?

Léandre : Depuis le début de la création du label, on a fait des hommages à des artistes qu’on admire : on a fait Paul Gauguin et Helmut Newton par exemple. On cherchait un artiste qui se rapprochait le plus des valeurs du sac. Klein a utilisé le corps de la femme pour faire des toiles (Anthropométrie). On trouvait que c’était un bel hommage, les valeurs étaient en adéquations et on adore cet artiste, c’est sublime, pure et efficace. On voulait faire des références très subtiles. Par exemple, pour les natures mortes, on a ajouté des références au travail de Klein, mais de manière détourné. Par exemple la feuille d’or, une bougie pour rappeler les peintures de feu de Klein, un monochrome orange etc... C’est un condensé de son travail intégré à notre esthétique.

Des choses à ajouter sur votre label ?

Léandre et Sean : Nous explorons déjà la mode, l’art et la musique mais nous n’avons aucune limite en terme de création. En effet, à propos de notre label de musique, au départ on faisait des recommandations musicales, pour compléter l’univers de la marque et un jour on a rencontré un artiste très talentueux qui s’appelle Alastair Lane, et on décidé de créer Éros Music, label de production musical. Est né le morceau « Naked in The Water » avec la sublime voix de Minha Luaa. On est très content du résultat, on a atteint les 700k streams dans le monde entier en à peine trois mois. De nouveaux arrivent très bientôt !

Retrouvez Maison Eros sur leur site web et depuis leur compte Instagram.