Schott N.Y.C. et Released rencontrent

Christopher Jordan et son "Musée.Homme"

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“Musée.Homme” est ton premier projet,
que représente-t-il pour toi ?

“Musée.Homme” (écouter), c’est l’aboutissement de 3 ans de travail, où j’ai dû me livrer à une introspection et accepter de raconter une partie de mon histoire. Je suis quelqu’un d’introverti, accepter de parler de mon intimité reste encore un travail difficile. Cet E.P marque le changement entre celui que j’étais et celui que je suis aujourd’hui, à la fois humainement et artistiquement. Cela note aussi le début de ce qu’on pourrait appeler ma carrière.

Perdu dans la nature,
sans défense sans armure, Reste toi-même

Track 6 : « Musée.Homme »

C’est rare de voir un artiste garder son prénom, pourquoi ce choix ?

Je veux tout simplement être moi, ne pas être dans un rôle. Au-delà de la musique, la première chose que les gens voient d’un artiste, c’est son nom. Christopher et Jordan sont les deux prénoms qui m’ont été donnés par mes parents, ils font partie de mon identité.

On te sent proche des gens dans tes
textes, d’où te vient cette envie ?

J’aimerais qu’un maximum de personnes puissent s’identifier à ma musique, pour ne plus se sentir seules dans les situations dans lesquelles elles se retrouvent, positives ou négatives. Peut-être que certains se reconnaîtront dans mes histoires, comme moi, avec les artistes qui m’inspirent.

Si l’enfer c’est les autres,
aspire à être le paradis

Track 4 : « Houston »

Peux-tu nous parler de la composition de ton projet ?

Les 7 titres de “Musée.Homme” racontent ma vie. Je me livre de manière transparente comme dans Houston “Du mal à prendre des nouvelles, j’ai quelques peines à dire, je t’aime…”. J’utilise parfois ce que l’on appellerait les clichés du rap, dans Bâtiment D,  “On avance, on prend la moula et c’est dangereux…”. Il existe une deuxième lecture à ce morceau. Ce n’est pas qu’un banger, il est très intime, il semble écrit avec beaucoup de légèreté, mais chaque mot représente quelque chose de spécial pour moi.

Dans ce projet, vous pourrez retrouver ma personnalité. Je peux être renfermé sur moi-même, comme je peux avoir envie de m’amuser, frimer et danser, comme sur “Bina”. Chaque titre représente un moment important de ma vie que j’ai associée à un lieu. “Les oubliés” symbolise la rue Félix Ziem, une rue proche de chez moi qui me rappelle mon enfance. “Bâtiment D”, là où je vis actuellement, “Houston” ma chambre, “Bina”, Bali coiffure, connu par tous, à Guy Môquet. Le Clip de “Musée.Homme” met en scène tous ces lieux.

Dé-dé-dé déraciné, écarté de mes racines
Té-té-té-ténacité m'a aidé à tenir

Track 4 : « Bâtiment D »

Peux-tu nous parler du clip de “Musée.Homme” ?

Nous l’avons fait de nos propres mains, avec mon équipe de réalisateurs, Ugo Simon, Lucas Chauney et Nader Chalhoub. Nous avons imaginé toutes les séquences du clip, récupéré tous les décors, fabriquer la porte avec écrit “Bat. D” dessus…

C’est une fierté de dire que tout vient de nous. J’ai choisi de mettre en images ce morceau, parce qu’il porte mon identité de rappeur. Je suis ouvert à d’autres styles, mais je fais du rap avant tout.

Dans tout ton projet nous retrouvons une chose en fil rouge, la TV, que signifie-t-elle ?

Une TV pour un moment de ma vie. Mon introspection m’a amené à me remémorer mon passé, un peu comme si je regardais un film devant ma TV. Petit, elle était pour moi ma seule échappatoire, elle me permettait de voyager, et de découvrir indirectement le monde. La cover de l’E.P. a été photographié par Geoffrey Yaha Vargas, ainsi que tout le shooting avec Schott N.Y.C. Merci à lui pour son travail.

Tu ouvres l’EP avec un titre appelé “Les oubliés”, peux-tu nous l’expliquer ?

Ce morceau a été très difficile à écrire, mais marque une étape importante de ma vie. “Les oubliés” d’un point de vue personnel, c’est ma famille. J’ai 8 soeurs et 2 frères. Ce morceau parle de nous et particulièrement du courage de ma mère qui nous a élevés avec un salaire de femme de ménage. On a connu tellement de galères. Récemment son appartement a brûlé… Je passe les détails. “Les oubliés” c’est le symbole des personnes qui sont mises de côté, “oubliées” par le reste du monde. J’ai envie de donner la parole à ces personnes, pour ne plus qu’ils se retrouvent seuls face à eux-même. Avec mon équipe de réalisation, nous préparons quelque chose que nous appelons le “Musée.Homme”, ça arrive bientôt.

Le coeur brisé je n’peux plus penser, sauf aux humains au regard blessé

Track 1 : « Les oubliés »

Peux-tu nous dire ce que tu as ressenti lors de cet événement ?

Merci à vous d’avoir contribué à l’aboutissement de cette soirée. C’était un moment très spécial pour moi. Il y avait tous mes proches, je les entends encore chanter mes refrains. Et il y avait surtout ma maman dans le public, elle est fière et heureuse de me voir me battre pour quelque chose qui a du sens pour moi. Le clip de “Musée.Homme” a été présenté en avant-première, j’en ai eu de très bons retours ! Je vous invite à aller le voir d’ailleurs.

Merci à Ugo, Lucas et Nader d’avoir contribué à sa réalisation. J’étais accompagné par DJ Ismo lors du concert, je le remercie. Merci à Schott N.Y.C, je revois mes grands frères et mon père en bombers. Je les essayais quand j’étais petit, mais ils étaient beaucoup trop grands pour moi (rires).

Ma mère nettoyait le sol
Je le fais pour moi et pour eux

Track 5 : « Rose Noire »

Encore espoir en l’humanité
Tu l’entends dans mes chansons

Track 7 : « Maintenant tu sais »

Écouter "Musée.Homme"

Crédits

Musique
Christopher Jordan - Musée.Homme

Photographie
Geoffrey Yaha Vargas

Chefs Opérateurs
Lucas Chaunay
Nader Chalhoub

Montage
Ugo Simon

Réalisation
Released

Merci au Terrain Vague pour leur accueil